Archives de la categorie : Fouilles

Un sceau et des os

20 août
20 août 2014

Les membres de l’équipe d’archéologie ont eu droit à de belles découvertes pour clore les fouilles effectuées à l’intérieur du quadrilatère historique d’Odanak.

Un sceau a été mis au jour sur le site archéologique, ce matin. Les sceaux sont associés à la traite des fourrures entre les Abénakis et les Français. À l’époque du Fort, les sceaux, faits de plomb, étaient apposés sur les liens (sur les cordages) qui retenaient les fourrures amassées en ballot. À cette époque, les cachets qui y étaient apposés représentaient le symbole d’une autorité française.
Le sceau trouvé ici présente quelques lettres ainsi qu’une marque en forme de croix. Lorsqu’il sera nettoyé, il sera plus facile de l’identifier en le comparant aux autres sceaux trouvés sur les sites contemporains du Fort ou avec la collection des sceaux des archives de France et de la marine.

Sceau

Sceau vu au microscope

Également, après avoir trouvé un grattoir en os et des perçoirs en pierre et en fer en 2013, puis une alène en os en 2014, plusieurs os d’animaux ont été mis au jour sensiblement au même endroit. D’après les ossements et les dents, ils sembleraient qu’ils appartiennent à un animal herbivore, possiblement à un cervidé. Ces informations seront connues sous peu.

Ossements

Inventaire archéologique sur la rivière Saint-François, Le Haut Saint-François

22 nov
22 novembre 2013

Aux XVIIe et XVIIe siècles, les Abénakis poussés par l’agrandissement de la colonie anglaise de la Nouvelle-Angleterre et les différents conflits politiques émigrent vers la vallée du Saint-Laurent. La Mission d’Odanak sur la rivière Saint-François devient le principal lieu d’établissement des Abénakis. À la fin du XVIIIe siècle, les autorités coloniales font mention de la présence des Abénakis dans la région du haut
Saint-François plus précisément dans les villages d’Ulverton et l’Avenir. C’est avec des cartes anciennes du canton de Durham et de la région de Drummondville ainsi que quelques sources historiques, dont des extraits du recensement de 1831, qu’un inventaire archéologique débute à la mi-septembre 2013. L’inventaire consiste à vérifier à l’aide de sondages dans le sol la présence de structures d’habitation, de foyers et d’artéfacts.

La forêt Drummond

 
C’est avec certitude de trouver des sites archéologiques que nous avons entamés une semaine de sondages sur les rives ouest et est de la rivière Saint-François au niveau du parc de la Forêt Drummond. Une cinquantaine de sondages ont été réalisés sur la rive est et malgré quelques indices, des pierres chauffées par le feu et des fragments de céramiques trouvés près de deux ruisseaux, aucun site n’a été mis au jour. Plusieurs secteurs ayant été perturbés par la construction associés à l’industrie du bois de la période du 19e siècle.
Une carte datant de la fin du XVIIIe siècle montre un portage sur la rive ouest de la forêt Drummond. Ce portage permettait le passage des rapides Spicer et passait sur la pointe aux Indiens. Nous avons retrouvé quelques artéfacts en surface ou sur la rive, mais aucun en contexte archéologique. Seuls, des vestiges associés à une habitation agricole du début du XIXe siècle ont été retrouvés.

Le moulin de la rivière aux Vaches, le site CaFe-9

 
Les sources historiques et les plans anciens font mention de la construction d’un moulin à la rivière aux Vaches vers 1765. Ce moulin hydraulique aurait été construit suite à la destruction de celui situé sur l’île du Fort (moulin à vent) (Murray 1761). L’emplacement du moulin de l’île aux Vaches est visible sur une carte datant de 1798 (auteur inconnu) ainsi que sur une carte de l’arpenteur J.P Bureau de 1844. On remarque l’inscription « Moulin de Mr.Grant » et « moulin à farine ».

C’est finalement à notre troisième visite sur les îles et sur les rives à proximité de la rivière aux Vaches que nous avons mis au jour le vestige d’un mur associé au moulin. La structure visible du mur découvert possède une longueur de 10 m, une largeur de 0,80 m et sa hauteur varie entre 0,40 m à 1 m. La partie visible du mur est composée à sa base de pierres taillées rectangulaires sur lesquelles sont déposés des moellons et des pierres rectangulaires. Le coin sud-est et la partie du mur sud sont composés de grosses pierres taillées rectangulaires. Le tout est lié avec du mortier. Les trois sondages faits sur le site sont positifs et ont révélé des tessons de bouteilles, des éléments de pipes ainsi que des fragments de bouteilles. Le site a été déclaré au ministère de la Culture et des Communications et porte maintenant le code Borden CaFe-9.

Mur du moulin de la rivière aux vaches


Mur du moulin de la rivière aux vaches vu de face

Wôlinak et l’île aux Sauvages

 
Vers la fin du XVIIe siècle, les Abénakis s’installent sur l’île Montesson située à l’embouchure de la rivière Bécancour et du fleuve Saint-Laurent. Le successeur du seigneur Bécancour, Monsieur de Montesson, les chassa de l’île. Les Abénakis abandonnèrent leur village et se réfugièrent sur l’île située non loin du village actuel. Lors de notre visite sur l’île aux Sauvages, nous avons réalisé une dizaine de sondages afin de localiser le sol d’occupation. Nous avons pu situer le site sur la partie sud de l’île.

Au courant de ces deux mois de recherche sur la rivière, nous avons aussi visité les régions d’Ulverton, de l’Avenir ainsi que Notre-Dame de Pierreville, Pierreville et
Saint-François-du-Lac. Les indices amassés et les recherches en cours semblent positifs, mais sont encore à l’étude. Les résultats feront l’objet d’un prochain blogue!

LA CHRONIQUE DES ARCHÉOLOGUES

02 sept
2 septembre 2013

Localiser la première chapelle

 
À l’occasion des fouilles menées en 2012, des alignements de pierres équarries furent découverts tout juste devant le presbytère et, fait particulier, ces derniers n’étaient pas assortis d’artéfacts rattachés à des activités domestiques. Ces éléments seraient-ils les restes de la première chapelle construite à l’intérieur de l’enceinte fortifiée? Cette année, des tests de résistivité magnétique du sol menés en périphérie des alignements laissent présager la présence de vestiges additionnels. Lors de la semaine du 2 septembre 2013, des tranchées seront réalisées afin de délimiter l’étendue des pierres et éventuellement de définir le périmètre de la chapelle. S’agit-il toutefois des restes du bâtiment reconstruit après l’assaut destructeur des troupes de Rogers en 1759?

Plan de la communauté d’Odanak vers 1854. Auteur inconnu. BANQ


 

Prévisions pour l’automne

 
Outre le projet de fouille qui visait à retracer et fouiller les restes de l’enceinte fortifiée, des recherches archéologiques seront menées le long de la rivière Saint-François, entre son embouchure et Richmond. Le but de l’exercice est de faire la lumière sur l’utilisation de cette route d’eau par les Abénakis après leur installation à Odanak, au XVIIIe siècle, et de déterminer à quand pourraient remonter les premiers déplacements dans la région depuis la Nouvelle-Angleterre, territoire ancestral des Abénakis. 100 ans ou 1000 ans?
 
 
Par Geneviève Treyvaud et Michel Plourde

LA CHRONIQUE DES ARCHÉOLOGUES

23 août
23 août 2013

Fin des fouilles menées à la porte du musée des Abénakis!

Pieu

Après six semaines de travaux, c’est le jeudi 22 août que le remblayage s’est fait sur l’opération 6 située devant la façade du musée. Les plans, les dessins stratigraphiques et l’arpentage sont maintenant terminés et la prise des échantillons de sol de différentes couches, de charbons et de bois a été réalisée en vue d’analyses spécialisées. Les fouilles réalisées en aire ouverte ont été particulièrement fructueuses. Les nombreuses traces de poteaux, de piquets, de pieux ont permis de confirmer la présence d’éléments de palissade et de structures d’habitations dont les planchers comportaient plusieurs fosses. Les derniers jours de fouilles ont été particulièrement intenses avec la découverte d’une grande fosse remplie d’objets de toutes sortes, d’outils et d’ossements d’animaux comportant des marques de dépeçage. Une lecture de la répartition spatiale des fosses et des traces de poteaux, entre autres, et la présence d’artéfacts fabriqués aux XVIe et XVIIe siècles nous amènent à soulever

Vue en plan d’un poteau.

l’hypothèse d’une occupation du site sur plusieurs décennies. Nous pensons que la terrasse actuelle aurait également été occupée avant la période de la fortification (entre 1676 et 1700) par des Abénakis et des Sokokis, et probablement aussi par des Loups et des Mohicans, comme le rapportent les Relations des Jésuites.
 
 
Par Geneviève Treyvaud et Michel Plourde

Aperçu des jours à venir

20 août
20 août 2013

La campagne de fouilles archéologiques 2013 s’achève. Voici donc le travail à faire d’ici la fin du projet.
 
Cette semaine est principalement consacrée à l’ouverture de deux sous-opération; une d’un mètre carré et une autre d’un mètre cinquante par un mètre afin de délimiter des éléments visibles dans la paroi actuelle, dont une fosse et une trace de poteau carbonisée. Les archéologues espèrent également trouver de nouvelles fosses ainsi que des traces de poteau et de piquets.
 
De plus, deux mètres carrés seront fouillés sur des terrains privés dans le voisinage du Musée. Une ouverture d’un mètre carré sera aussi effectuée près de la façade ouest du Musée pour vérifier l’étendue des couches archéologiques qui sont en place. Si cette ouverture s’avère positive, c’est-à-dire qu’il y a bel et bien présence des strates recherchées, les archéologues pourraient facilement ajouter 50 mètres carrés à fouiller lors d’une éventuelle campagne. Comme toujours, l’équipe espère trouver des artefacts très significatifs qui révéleront d’autres informations.
 
Les fouilles prendront une pause la semaine prochaine pour permettre aux archéologues de prendre des vacances! Ils seront de retour sur le terrain après la fête du travail, afin de chercher les vestiges de la première église du village fortifié d’Odanak.