Archives pour le mois de : juillet, 2012 (Page 2)

Rouges et polies

24 juil
24 juillet 2012

Dès aujourd’hui, notre équipe d’archéologues et d’apprentis archéologues a ouvert une autre aire de fouille. Il s’agit d’une grande tranchée mesurant vingt mètres de long par cinquante centimètres de large. Le but étant toujours de localiser les limites du fort Odanak.

Opération CaFe-7-2B

La journée a aussi amené de belles découvertes. Quelques perles ont d’ailleurs été retrouvées et viennent s’additionner aux autres perles ayant été découvertes au cours des derniers jours de fouille. Parmi celles-ci se trouvent deux perles de pierre polie. Elles sont faites en ardoise rouge. Cette matière provient des régions actuelles de l’Estrie et du Vermont, notamment de la grande chaîne de montagne des Appalaches. Le fait qu’une telle matière se retrouve loin de sa source indique que des échanges ont eu lieu entre différents groupes.

Ces perles d’ardoise polie ont probablement été faites par des Abénakis. Ils ont poli des morceaux d’ardoise rouge puis ont percé le trou avec un outil conique.

Ces deux perles ont été retrouvées dans les mêmes couches de sol que des perles de verre, ce qui permet d’affirmer qu’elles datent d’à partir de la période de contact puisque les perles de verre ont été introduites dans le territoire par les Européens.

Perles en ardoise rouge polie

 

Une deuxième semaine prometteuse

23 juil
23 juillet 2012

Cette journée du 23 juillet marque le début d’une deuxième semaine de fouille prometteuse. Certains des artéfacts qui ont ouvert le bal des découvertes sont deux balles de plomb qui étaient utilisées avec des mousquets fonctionnant avec de la poudre noire. Ce métal est facilement reconnaissable par son poids et la couleur blanchâtre de son oxydation. Une fois oxydé, le plomb devient très résistant à la corrosion. Une autre caractéristique du plomb est que c’est un métal très mou. Il n’est donc pas rare de retrouver des balles de plomb qui ont été déformées sous l’effet de la chaleur dégagée par l’explosion de la poudre noire et de l’impact. Pour fabriquer ces balles, il faut couler du plomb dans des moules. Il arrive que des traces de moule soient visibles sur les balles.

Les deux balles de plomb retrouvées aujourd’hui ne sont pas de la même grosseur. La plus petite est une balle de mitraille. Autrefois, plusieurs de ces petites balles étaient mises dans la même cartouche. Lors du tir, ces petits projectiles étaient propulsés dans toutes sortes de directions, de façon à faire le plus de dommage possible dans le camp opposé. La balle la plus grosse retrouvée aujourd’hui était utilisée pour la chasse et pour la guerre.

Le désavantage des mousquets a longtemps été l’imprécision du tir. En effet, le canon de ces fusils était cylindrique et lisse à l’intérieur et la grosseur et la forme des balles de plomb variaient d’une balle à l’autre. Ces facteurs additionnés faisaient en sorte que les balles cognaient sur les parois du canon jusqu’à son embouchure. Ce faisant, la direction dans laquelle elles se dirigeaient une fois à l’extérieur du canon était impossible à prévoir.

De tels mousquets ont été utilisés entre le XVIe siècle et le début du XIXe siècle. Le calibre des balles utilisées avec ces armes a été très variable à travers le temps.

Balles de plomb

Une semaine de complétée

20 juil
20 juillet 2012

L’équipe amorce aujourd’hui une cinquième journée de fouille marquée par la découverte d’un tesson de céramique de fabrication amérindienne daté du XVe ou du XVIe siècle. Il s’agit du rebord d’un vase décoré d’incisions formant des motifs géométriques en vogue au cours de cette époque. Nous voici donc en présence d’une occupation qui précède celle du fort de quelque 200 ou 300 ans.

Mathieu O’bomsawin et le tesson de céramique préhistorique

Tesson de céramique préhistorique

À quelques mètres de là, une boucle de chaussure rectangulaire en alliage cuivreux et en fer datant du XVIIIe siècle (période du régime français) fut mise au jour une heure plus tard. La fonction de ces boucles est de tenir les sangles des chaussures. Toutefois, les amérindiens pouvaient les utiliser à d’autres fins: ornements, outils.

Jennifer Mahé-Trudeau et la boucle de chaussure

La semaine fut très riche en découvertes. Les fouilleurs ont extrait du sol des dizaines de perles en verre, en os et en coquillage et des ossements d’animaux probablement cuits sur place. Une journée de pluie a permis de traiter une grande quantité d’artefacts et d’écofacts qui seront ensuite consignés dans un catalogue, soit après les fouilles.

Extension de l’aire de fouille

19 juil
19 juillet 2012

La journée d’aujourd’hui a été marquée par l’ouverture de nouvelles aires de fouille, soit quatre tranchées de deux mètres de long par cinquante centimètres de large. L’objectif est de mettre au jour de nouvelles traces de piquets et de pieux de manière à retracer les limites éventuelles du fort d’Odanak et du pourtour des bâtiments, notamment celui des maisons longues.

Le défilé des artéfacts coup de coeur continue! Voici aujourd’hui un deuxième article écrit par une de nos apprentis-archéologue.

Faïence française

par Janice Cardin

Cet artéfact est un morceau de céramique douce au toucher faite de marne calcaire et d’argile. Cette céramique est recouverte d’un émail blanc légèrement bleu-vert. On peut voir quelques dessins bleus et rouges, mais on ne peut pas dire de quoi il s’agit. L’artéfact ressemble à une assiette brisée. Les Jésuites ont apporté les faïences françaises sur le territoire lors de la fondation de la mission de Saint-François-de-Sales entre les XVe et XVIIIe siècles. Ce tesson de céramique a été retrouvé à Odanak. L’objet a certainement été fait par un potier dont les connaissances viennent de France. L’objet a été cuit dans un four. L’artéfact servait à contenir des aliments pour être dégustés.

 

Tesson de faïence française

Un liard français

18 juil
18 juillet 2012

Cette pièce de monnaie est un Liard de France frappé en 1657 à l’effigie du Roi Louis XIV. Remarquez que le chiffre 14 est écrit XIIII plutôt que XIV. Les Amérindiens les transformaient souvent en ornements, en les perçant en leur centre ou comme porte-bonheur. Ci-dessous, la pièce trouvée aujourd’hui à Odanak et une pièce de référence conservée en France.

Liard d’Odanak

Liard français