Archives pour le mois de : novembre, 2013

Inventaire archéologique sur la rivière Saint-François, Le Haut Saint-François

22 nov
22 novembre 2013

Aux XVIIe et XVIIe siècles, les Abénakis poussés par l’agrandissement de la colonie anglaise de la Nouvelle-Angleterre et les différents conflits politiques émigrent vers la vallée du Saint-Laurent. La Mission d’Odanak sur la rivière Saint-François devient le principal lieu d’établissement des Abénakis. À la fin du XVIIIe siècle, les autorités coloniales font mention de la présence des Abénakis dans la région du haut
Saint-François plus précisément dans les villages d’Ulverton et l’Avenir. C’est avec des cartes anciennes du canton de Durham et de la région de Drummondville ainsi que quelques sources historiques, dont des extraits du recensement de 1831, qu’un inventaire archéologique débute à la mi-septembre 2013. L’inventaire consiste à vérifier à l’aide de sondages dans le sol la présence de structures d’habitation, de foyers et d’artéfacts.

La forêt Drummond

 
C’est avec certitude de trouver des sites archéologiques que nous avons entamés une semaine de sondages sur les rives ouest et est de la rivière Saint-François au niveau du parc de la Forêt Drummond. Une cinquantaine de sondages ont été réalisés sur la rive est et malgré quelques indices, des pierres chauffées par le feu et des fragments de céramiques trouvés près de deux ruisseaux, aucun site n’a été mis au jour. Plusieurs secteurs ayant été perturbés par la construction associés à l’industrie du bois de la période du 19e siècle.
Une carte datant de la fin du XVIIIe siècle montre un portage sur la rive ouest de la forêt Drummond. Ce portage permettait le passage des rapides Spicer et passait sur la pointe aux Indiens. Nous avons retrouvé quelques artéfacts en surface ou sur la rive, mais aucun en contexte archéologique. Seuls, des vestiges associés à une habitation agricole du début du XIXe siècle ont été retrouvés.

Le moulin de la rivière aux Vaches, le site CaFe-9

 
Les sources historiques et les plans anciens font mention de la construction d’un moulin à la rivière aux Vaches vers 1765. Ce moulin hydraulique aurait été construit suite à la destruction de celui situé sur l’île du Fort (moulin à vent) (Murray 1761). L’emplacement du moulin de l’île aux Vaches est visible sur une carte datant de 1798 (auteur inconnu) ainsi que sur une carte de l’arpenteur J.P Bureau de 1844. On remarque l’inscription « Moulin de Mr.Grant » et « moulin à farine ».

C’est finalement à notre troisième visite sur les îles et sur les rives à proximité de la rivière aux Vaches que nous avons mis au jour le vestige d’un mur associé au moulin. La structure visible du mur découvert possède une longueur de 10 m, une largeur de 0,80 m et sa hauteur varie entre 0,40 m à 1 m. La partie visible du mur est composée à sa base de pierres taillées rectangulaires sur lesquelles sont déposés des moellons et des pierres rectangulaires. Le coin sud-est et la partie du mur sud sont composés de grosses pierres taillées rectangulaires. Le tout est lié avec du mortier. Les trois sondages faits sur le site sont positifs et ont révélé des tessons de bouteilles, des éléments de pipes ainsi que des fragments de bouteilles. Le site a été déclaré au ministère de la Culture et des Communications et porte maintenant le code Borden CaFe-9.

Mur du moulin de la rivière aux vaches


Mur du moulin de la rivière aux vaches vu de face

Wôlinak et l’île aux Sauvages

 
Vers la fin du XVIIe siècle, les Abénakis s’installent sur l’île Montesson située à l’embouchure de la rivière Bécancour et du fleuve Saint-Laurent. Le successeur du seigneur Bécancour, Monsieur de Montesson, les chassa de l’île. Les Abénakis abandonnèrent leur village et se réfugièrent sur l’île située non loin du village actuel. Lors de notre visite sur l’île aux Sauvages, nous avons réalisé une dizaine de sondages afin de localiser le sol d’occupation. Nous avons pu situer le site sur la partie sud de l’île.

Au courant de ces deux mois de recherche sur la rivière, nous avons aussi visité les régions d’Ulverton, de l’Avenir ainsi que Notre-Dame de Pierreville, Pierreville et
Saint-François-du-Lac. Les indices amassés et les recherches en cours semblent positifs, mais sont encore à l’étude. Les résultats feront l’objet d’un prochain blogue!

Deux magnifiques prix pour le Musée des Abénakis

05 nov
5 novembre 2013

Le 30 octobre dernier se tenait le GalArt 2013 qui, cette année, soulignait le 10e anniversaire de Culture Centre-du- Québec.

À cette occasion, le Musée des Abénakis s’est vu décerner les prix Médiat-Muse et Patrimoine. Ces deux prix ont été remis au Musée pour le projet archéologique « Fort d’Odanak : le passé revisité ». Comme vous le savez, ce projet a permis de mettre à jour un village fortifié construit vers 1704 sur une des rives de la rivière Saint-François, ainsi qu’une culture matérielle exceptionnelle illustrant le passé des Abénakis. Vous pourrez profiter de toutes ces découvertes grâce à une exposition qui sera présentée au Musée des Abénakis et une publication à paraître en 2015.

En remettant les prix Médiat-Muse et Patrimoine au Musée des Abénakis, le jury a voulu souligner l’ampleur du projet « Fort d’Odanak : le passé revisité » ainsi que son aspect mobilisateur. Les fouilles archéologiques effectuées à Odanak ont permis à huit jeunes Abénakis de participer activement au projet comme apprenti archéologue. Ils ont ainsi pu découvrir comment vivaient leurs ancêtres.

Prix Patrimoine
De droite à gauche: Maurice Guimard (maire de Paris Ville), Michelle Bélanger (directrice générale du Musée des Abénakis) et Marie Desilets (mairesse Ste-Clotilde de Hortons)


Prix Médiat-Muse
De droite à gauche: Irina Gato (Médiat-Muse), Mario Diamond (président de la Société Historique d’Odanak), Michelle Bélanger (directrice générale du Musée des Abénakis) et Marie-Andrée Levasseur
(présidente de Médiat-Muse)


Le prix Médiat-Muse est une œuvre réalisée par Pierre Tessier avec la collaboration de Suzanne Ricard. Cette œuvre représente la proximité des Abénakis avec la nature. La forme de la partie faite en bois de merisier représente à la fois un arbre, un arc et un canot. Le GalArt est une oeuvre de Christian Vézina, artiste de Bécancour.

Félicitation à toute l’équipe et merci pour tout ce beau travail!