10 juil

Archéologie 101

Chronologie archéologique

 

1. Le Paléoindien / 10 000 à 8000 avant notre ère

Les populations amérindiennes découvrent le territoire nouvellement libéré par le glacier et recolonisé par la flore et la faune. Le climat est plus froid que celui d’aujourd’hui et le caribou est probablement l’espèce animale préférée des chasseurs qui l’abatte à l’aide de lances armées de longues pointes à cannelures. Ces flèches sont taillées finement à partir de pierres très résistantes.

2. L’Archaïque / 8000 à 1000 avant notre ère

Implantés dans la majorité des régions du sud québécois, les groupes amérindiens exploitent alors une grande variété d’espèces animales et végétales. Aux outils en pierre taillée s’ajoute désormais tout un attirail d’objets en pierre polie. Les défunts ont droit à des sépultures garnies d’offrandes funéraires et d’ocre rouge. Le cuivre des Grands-Lacs est martelé en feuilles puis assemblé en pointes, couteaux, haches et ornements par exemple.

3. Le Sylvicole / 1000 avant notre ère à 1534 de notre ère

De tout temps nomades, les populations se sédentarisent progressivement et à des degrés divers. La céramique est adoptée et servira désormais à la cuisson des viandes, des plantes sauvages et du maïs ou de la courge, qui seront cultivés seulement au cours des derniers siècles de la période. Les groupes habitant la vallée du Saint-Laurent érigent des maisons longues à partir du premier millénaire de notre ère qui marque également la mise en place du découpage des nations amérindiennes décrit par les premiers arrivants européens.

4. La période de Transition ou de Contact / 1500 à 1608 de notre ère

À partir de 1500 AD, les pêcheurs et explorateurs européens pratiquent à petite échelle le commerce des fourrures avec les autochtones de la côte Est de l’Amérique, du golf et de la vallée du Saint-Laurent. Ces échanges permettent aux différents groupes autochtones de se familiariser avec la gamme de produits européens qu’ils peuvent obtenir contre leurs fourrures. Les ornements de cuivre et d’étain, les couteaux et les haches de fer, les chaudrons de cuivre ainsi que les perles de verre sont les objets les plus appréciés.

5. La période Historique du Régime Français / 1608 à 1760 de notre ère

Au début du XVIIe siècle, les Français établissent des postes de traite et des missions en Nouvelle France. Le premier établissement permanent d’Amérique du Nord est érigé sur l’île Sainte-Croix (Acadie) par Pierre du Gua de Monts et Samuel de Champlain. La colonie française s’agrandit avec la fondation de Québec (1608), Trois-Rivières (1634) et Ville-Marie (Montréal, 1642). Cette période se caractérise aussi par les Guerres iroquoises pour les possessions des territoires de traite et par de nombreuses épidémies qui déciment les populations autochtones. La traite des fourrures demeure l’activité économique dominante de la Nouvelle France.

6. Période du Régime anglais / 1760-1867

En 1759 et en 1760, les forces britanniques attaquent la Nouvelle-France et renversent les autorités en place. Les Anglais mettent alors en place des conditions législatives et administratives visant l’assimilation des colons franco-catholiques. La communauté d’Odanak fut d’ailleurs touchée par une attaque menée par Rogers, le 6 octobre 1759 qui se solda par 30 décès du côté des Abénakis.

7. Période historique canadienne / 1867 à 1882

Le premier juillet 1867, la Confédération canadienne réunit les provinces, les colonies et les territoires de l’Amérique du Nord afin de former un nouvel État fédéral, Le Dominion du Canada, un dominion de l’Empire britannique. Le français redevient une langue officielle avec l’anglais. Le gouvernement dans sa politique expansionniste ratifie avec les populations autochtones divers traités sur les territoires. La folie de l’or et des métaux précieux provoque la « ruée vers l’or » canadienne.

Les étapes d’un projet archéologique

1.     Trouver un sujet peu documenté.

Section du Nord-Est de la Carte d’Albert Gallatin de 1836, The Library of Congress, Geography and Map Reading Room,www.loc.gov/rr/geogmap/gmpage, localisant les territoires amérindiens en Nouvelle Angleterre et au Canada.

2.     Répertorier les sources historiques, les cartes anciennes et tous les documents écrits et les sources orales sur le sujet qui nous intéresse.

Plan datant de 1704 du fort des Abénakis dressé par l’ingénieur Jacques Levasseur de Néré, Archives nationales d’outre-mer FRCAOM 0DFC491B.

3.     Établir le plan de travail et sélectionner les zones de potentiel archéologique à l’aide des cartes anciennes et actuelles.

4.     Prospection et inventaire des zones ciblées. Des sondages systématiques d’une grandeur de 50 cm sur 50 cm sont effectués sur les zones ciblées afin de vérifier la présence de structures anciennes et d’artéfacts.

Prospection 2010 dans le cadre du projet « Fort Odanak »

5.     Les sites découverts sont répertoriés. Une campagne de fouille est organisée afin de documenter le site.

Localisation des sites archéologiques (source : MRN, carte 31 I/21).

6.     Les structures et les artéfacts sont analysés afin de les identifier et les dater.

CaFe-7: Épi de maïs de type Northern Flint mis au jour lors de l’inventaire octobre 2011

7.     Les résultats sont comparés avec d’autres sites des mêmes périodes.

8.    Après chaque intervention archéologique, un rapport archéologique est rédigé et, à la fin du projet, une synthèse des recherches est publiée.

Coffre à outil du parfait archéologue

Le coffre à outil de l’archéologue est très important. Il doit être complet et les outils doivent toujours être en très bon état. Il peut paraître étonnant d’y retrouver des objets que nous possédons tous à la maison ! Mais il faut savoir bien les manier pour éviter d’endommager les artéfacts ou même se blesser !

Pendant la fouille, l’archéologue a besoin, entre autres, de: truelle, pelle, balais et porte poussière, chaudière, tamis, rubans à mesure, théodolite, carnet d’arpentage, niveau et flèche du nord.

Quand la journée de fouille est terminée ou pendant les jours de pluie, il est très important de nettoyer les artéfacts et de numéroter certains d’entre eux. Pour ces étapes, l’archéologue a besoin de : bacs d’eau claire, brosses, séchoirs à artéfacts, vernis à ongle transparent, plumes à calligraphie, acétone.

L’étape de nettoyage et de numérotage terminée, l’archéologue doit faire un inventaire des artéfacts trouvés et photographier le plus significatifs d’entre eux. Il a alors besoin de : ordinateur, logiciel de catalogage, instruments de mesure, appareil photo et petites échelles de mesures.

Rien de très sophistiqué comme équipement !